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Page-miroir : débouchement/marché-452-hiver/débraillé (1995.238), 2021, Armature métallique, 222 x 128,5 x 152 cm

Rober Racine a produit plusieurs œuvres autour du dictionnaire, dont les pages-miroirs, la musique des pages-miroirs et une maquette pour un jardin qui aurait permis concrètement une déambulation physique à travers les mots. Reprenant ici les grilles qui évoquent les panneaux coulissants des porte- tableaux situés dans la réserve, où l’œuvre est préservée lorsqu’elle n’est pas présentée, Desjardins s’est amusée à transposer sur la grille métallique les trouées découpées par Racine dans le papier.


Le 14 octobre 2020, à 16 h 12, Isabel Boucher, responsable des services aux visiteurs, a envoyé à Chloé Desjardins une description de l’objet 1995.238.


L’objet que j’ai choisi n’est, pour un néophyte, qu’une page trouée d’un dictionnaire. Cela me rappelle une exposition que j’ai visitée il y a plusieurs années et dont j’ai malheureusement perdu la référence… Au mur étaient accrochées toutes les pages d’un livre où chaque mot avait été découpé. Le titre de l’œuvre est Page-miroir : débouchement/marché-452-hiver/débraillé et son auteur, Rober Racine. Créée en 1986, elle est entrée dans la collection du Musée en 1995 grâce à la donation Maurice Forget.

Quand j’ai vu l’œuvre pour la première fois, je me suis dit : « Mon dieu qu’elle est petite! » Mon cerveau n’avait pas enregistré les dimensions quand j’ai repéré l’œuvre dans le guide des collections, mais réalistement, une page de dictionnaire ce n’est pas très grand à la base!

D’après la photo dans le guide des collections, je pensais que l’œuvre consistait seulement en une page de dictionnaire, où certains mots avaient été découpés et retirés, reposant sur un miroir et encadrée d’une bordure noire, le tout enfermé sous un genre de couvercle rectangulaire en plexiglas. Mais une fois devant l’objet réel, j’ai compris que la bordure noire faisait partie intégrante de l’œuvre. Ce n’est pas du tout un passe-partout en papier, comme je le croyais au début, mais bien un support de bois peint
sur lequel est fixée la petite boîte en plexiglas.

La page de dictionnaire est entourée d’une bordure qui me semble être faite avec du ruban de masquage beige. Il est à noter aussi que le couvercle de plexiglas ne la protège pas en entier; deux de ses côtés sont à découvert. Tous ces petits détails me font presque oublier le miroir qui est placé sous la page et qui reflète notre image quand on regarde par les interstices créés par l’artiste. Pour réussir à se voir, il faut quand même s’approcher considérablement de l’œuvre, ce que je trouve un peu embarrassant.

Sur la page de dictionnaire, il y a aussi des insertions de dorure dans les bulles de certaines lettres, par exemple le vide d’un « b ». Ça me rappelle les enluminures dans les livres du Moyen-Âge. Sauf qu’ici, l’artiste met en valeur des zones qui me semblent peu importantes… D’un autre côté, si on observe attentivement, on retrouve dans certains paragraphes des notes de musique dessinées. Peut-être que le fait de remplir certaines lettres de dorure a pour but de créer d’autres notes?

Robert Racine, Page-miroir : débouchement/marché-452-hiver/débraillé (1995.238), 1986, Encre et dorure sur page de dictionnaire découpée, miroir, bois, plexiglas, 30,7 x 30,5 cm

Collection du Musée d’art de Joliette. Donation Maurice Forget. 1995.238

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