Démarche

Je réalise en sculpture des reproductions d’objets qui se retrouvent en périphérie de la création artistique. Ces objets apparemment banals et produits industriellement me permettent d’évoquer les structures externes de la production et des modes de présentation des œuvres d’art afin de soulever la question de leur statut. Démarche qui m’a amenée à faire des œuvres représentant des outils et des matériaux bruts, ainsi que des formes emballées dont le contenu est inaccessible. Mon procédé de prédilection, le moulage, permet d’explorer des thèmes tels que l’unicité et l’originalité; la perception et la valeur des objets. J’impose aux objets que je sélectionne et que je reproduis une nouvelle matérialité (moulage en plâtre, porcelaine, etc.). Je les présente ensuite suivant des conventions emblématiques (sur des socles ou à l’intérieur de vitrines). J’opère de la sorte des transferts de contextes qui permettent de créer des propositions inusitées; propositions à travers lesquelles je tente de soulever une réflexion concernant certaines idées préconçues à propos des œuvres d’art.

Cette posture réflexive se reflète dans mon travail à travers la mise en scène de certaines dualités classiques du monde de l’art (formelles ou conceptuelles), telles qu’intérieur et surface, transparence et opacité, banalité et préciosité, éphémère et permanence, continuité et rupture, ainsi que la polarité contenant/contenu. C’est donc « par la négative » que j’explore — que je tourne et retourne — ce questionnement sur le statut de l’œuvre; situant l’ambivalente et l’évitement au cœur même de ma démarche. Dans mes installations, les œuvres sont essentiellement « mises en scène » de manière à rejouer les modes de monstration muséologiques, témoigner d’une vision idéalisée du travail de l’artiste, ainsi qu’à proposer un discours sur la séduction de l’objet, sa sacralisation et son rapport au spectateur.